Ameimse a publié une critique de Passer la brume par Julia Colin
Passer la brume
4 étoiles
Avec 'Passer la brume', Julia Colin nous entraîne dans un futur proche où la brume est devenue dangereuse : sous forme de nuages stagnants ou de bancs de brouillard se déplaçant soudain, elle avale tous les êtres vivants (non végétaux) qu'elle touche. Cette brume, combinée à l'effondrement climatique, pose le décor angoissant d'un cadre post-apocalyptique. Les lecteurices s'y glissent dans le sillage de Vair, une guide Passe-Brume faisant traverser les Pyrénées à des groupes de voyageureuses qui rêvent de cet ailleurs incertain que représente le désert espagnol - trop aride pour voir les brumes s'y développer. Face à cette menace constante, qui échappe à leur compréhension, ce qu'il reste de vie humaine sur ce qu'était autrefois l'Europe est redevenue nomade, puisque la brume nécessite d'être toujours en déplacement, ou dans des lieux inaccessibles, pour survivre.
Il est difficile de mettre des mots sur ce roman, tant 'Passer la brume' …
Avec 'Passer la brume', Julia Colin nous entraîne dans un futur proche où la brume est devenue dangereuse : sous forme de nuages stagnants ou de bancs de brouillard se déplaçant soudain, elle avale tous les êtres vivants (non végétaux) qu'elle touche. Cette brume, combinée à l'effondrement climatique, pose le décor angoissant d'un cadre post-apocalyptique. Les lecteurices s'y glissent dans le sillage de Vair, une guide Passe-Brume faisant traverser les Pyrénées à des groupes de voyageureuses qui rêvent de cet ailleurs incertain que représente le désert espagnol - trop aride pour voir les brumes s'y développer. Face à cette menace constante, qui échappe à leur compréhension, ce qu'il reste de vie humaine sur ce qu'était autrefois l'Europe est redevenue nomade, puisque la brume nécessite d'être toujours en déplacement, ou dans des lieux inaccessibles, pour survivre.
Il est difficile de mettre des mots sur ce roman, tant 'Passer la brume' est un roman qui se vit et se ressent. À travers le regard de Vair, constamment sur-consciente de ce qui l'entoure - pour surveiller l'évolution des brumes -, Julia Colin adopte une perspective qui place l'environnement de montagne et le paysage pyrénéen au coeur du récit. On est immergé dans un décor et une temporalité propre à la vie dans un cadre montagneux, tellement beau et dangereux à la fois : l'autrice adopte une forme de 'Nature writing' qui fascine. La narration m'a d'autant plus happée que le récit est parcouru par une tension permanente, celle d'une survie incertaine, non seulement en raison des brumes, mais aussi du fait du poids des traumatismes hérités d'une vie à côtoyer en permanence la mort et à devoir gérer les pertes brutales d'êtres chers.
Pour autant, c'est aussi une lecture que j'ai vécue de façon paradoxale : si son écriture m'a captivé, sa pleine réception a été plus difficile. En effet, c'est un livre traversé par une forme de nihilisme, de misanthropie également, qui m'ont laissée plus à distance dans la réception même du livre, influencée sans doute par mon propre état d'esprit du moment. Par le point de vue adopté, comme par les développements et les tournants qui prennent le récit, ce n'est pas une lecture qui a été aisée, alors même que je n'arrivais pas à ne pas tourner la page suivante pour poursuivre l'histoire.
En résumé, 'Passer la brume' a été une vraie "expérience" de lecture (y compris physique, dans ma réception en tant que lectrice), qui m'a laissé avec des sentiments contradictoires, n'adhérant pas toujours aux partis pris narratifs, tout en me marquant. C'est le premier roman que je lis de Julia Colin, je serais curieuse de voir si son autre roman ou ses écrits ultérieurs s'inscriront dans un style semblable.