Ameimse a publié une critique de Attendu que par Layli Long Soldier
Attendu que
5 étoiles
Un texte poétique qui constitue une réponse à une résolution du Congrès états-unien, datant de 2009, censée présenter les excuses du gouvernement des États-Unis aux populations amérindiennes (www.congress.gov/bill/111th-congress/senate-joint-resolution/14/text). C'est en tant que citoyenne à la fois de la nation oglala lakota et des États-Unis que Layli Long Soldier se positionne.
Le livre se structure en deux parties dans lesquelles une prose puissante se déploie. La poétesse convoque l'Histoire tout en s'adressant aux enjeux du présent. Elle y explore la langue, expérimente et teste le poids des mots et les formes de l'expression. C'est l'anglais qui est défié, mais la traductrice Béatrice Machet a réalisé un sacré travail pour rendre compte du mieux possible de ces jeux langagiers (même si je me suis dit qu'un format bilingue aurait peut-être encore mieux rendu justice au texte). Parmi les passages marquants, il y a notamment un texte un peu plus …
Un texte poétique qui constitue une réponse à une résolution du Congrès états-unien, datant de 2009, censée présenter les excuses du gouvernement des États-Unis aux populations amérindiennes (www.congress.gov/bill/111th-congress/senate-joint-resolution/14/text). C'est en tant que citoyenne à la fois de la nation oglala lakota et des États-Unis que Layli Long Soldier se positionne.
Le livre se structure en deux parties dans lesquelles une prose puissante se déploie. La poétesse convoque l'Histoire tout en s'adressant aux enjeux du présent. Elle y explore la langue, expérimente et teste le poids des mots et les formes de l'expression. C'est l'anglais qui est défié, mais la traductrice Béatrice Machet a réalisé un sacré travail pour rendre compte du mieux possible de ces jeux langagiers (même si je me suis dit qu'un format bilingue aurait peut-être encore mieux rendu justice au texte). Parmi les passages marquants, il y a notamment un texte un peu plus long, couvrant plusieurs pages, intitulé "38", qui revient sur l'exécution de 38 hommes dakotas en décembre 1862 (en version originale par là : www.poetryfoundation.org/poems/161866/38 - passage laissant bien entrevoir combien l'autrice manie les mots, notamment le terme "sentence")
Dans la seconde partie, l'autrice entreprend de commenter directement la résolution, explorant ce que la poésie peut, permet, comme construction d'une expression critique contre un texte juridique précis. En tant que juriste, c'est une démarche qui m'a beaucoup intéressée. Elle dissèque des passages, fait exploser jusqu'à la manière dont le texte est présenté formellement, pour en souligner les ambivalences, la perpétuation des doubles standards et en dénoncer l'absence de portée et le silence qui l'a finalement recouvert.