s_mailler@bw.heraut.eu a publié une critique de Eutopia par Camille Leboulanger
Déroutant, stimulant...
3,0 stars
On trouve ailleurs (sur Babelio par exemple) de nombreuses critiques de cet ouvrage, très bonnes et très mauvaises. J'ai ressenti un mélange des deux.
Dans le très bon, c'est un livre très stimulant, qui permet de pousser le bouchon sur ce que voudrait dire une société sans propriété, et où chacun aurait un salaire. On a une visite guidée de cette société dans les yeux de Umo, que l'on suit de son enfance à son crépuscule, et on s'attache à lui et à certain(e)s se ses amis et amours, deux notions peu séparées dans le livre et dans la société décrite. Le livre est très long mais je me suis plutôt laissé embarquer par la narration, je me suis rarement ennuyé (mais parfois quand même). La narration parvient aussi à créer des moments d'intense émotion.
Dans le moins bon, il y a le côté presque mièvre de la …
On trouve ailleurs (sur Babelio par exemple) de nombreuses critiques de cet ouvrage, très bonnes et très mauvaises. J'ai ressenti un mélange des deux.
Dans le très bon, c'est un livre très stimulant, qui permet de pousser le bouchon sur ce que voudrait dire une société sans propriété, et où chacun aurait un salaire. On a une visite guidée de cette société dans les yeux de Umo, que l'on suit de son enfance à son crépuscule, et on s'attache à lui et à certain(e)s se ses amis et amours, deux notions peu séparées dans le livre et dans la société décrite. Le livre est très long mais je me suis plutôt laissé embarquer par la narration, je me suis rarement ennuyé (mais parfois quand même). La narration parvient aussi à créer des moments d'intense émotion.
Dans le moins bon, il y a le côté presque mièvre de la société décrite, aucun mauvais sentiment, tout finit toujours par s'arranger autour d'une bonne cuite ou d'un bon pétard. Personne ne semble convoiter la position d'un autre ou le logement d'un autre, on peut dire que c'est une conséquence de l'organisation sociale utopique au bout de plusieurs siècles, mais est-il possible que personne n'en déteste un autre ? N'en violente un autre ? Certains moments sont malaisants et tournent carrément à la description d'une fête au village des schtroumpfs où tout le monde aime tout le monde dans un formidable élan de créativité et d'amour, ce qui créée certaines longueurs parfois.
L'aspect peut-être le plus intéressant (voulu je pense), c'est le fil très fin entre utopie paradisiaque et dystopie aseptisée et liberticide. La discussion ébauchée sur le malthusianisme intégral imposé par cette société présentée comme idéale va dans ce sens.
J'ai apprécié le travail sur la langue même si il y a aussi (et indépendamment des partis pris) quelques fautes qui semblent traîner. Je suis peu séduit par l'accord des participes présent, qui m'a semblé plutôt disgracieux, en revanche on découvre à la fin qu'une catégorie entière de mots manque quasiment à l'appel dans le livre, de façon révélatrice.